Quand les renifleurs lillois cherchaient le pétrole - R. Cuvelier 9

L’abolition de la Loi Vandervelde qui, depuis 1919, limitait singulièrement la vente d’alcool en Belgique, a mis en joie notre Dessinateur Roland Cuvelier. 

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Parce qu’il estime que les Flandres belge et française ne font qu’un seul pays, dont il se sent l’enfant jusqu’au bout des radicelles et parce qu’il juge aussi que l’essence même de la grappe, de la prune ou de la baie de genièvre est un don du ciel et qu’il serait dommage, comme disait Rabelais, de refuser d’en “ humer le pot ” de temps à autre. L’affaire des renifleurs a remis en sa mémoire une histoire de renifl eurs dont l’odeur monte du fond du XVIIIe siècle lillois. Elle est du meilleur tonneau.

Les douaniers et les gendarmes belges, s’ils reniflèrent, entre 1919 et le 1er janvier 1984, furent précédés par nos sergents de ville en ce siècle qui vit mûrir les raisins sanglants vendangés par cette révolution, dont profitèrent tout d’abord les riches marchands de vin en mesure d’acheter les biens nationaux.

Au 18ème siècle, nos pères, et nos mères aussi, avaient un faible pour l’eau de vie, appelée brandevin. Ce dernier étant malheureusement taxé, on connaissait à Lille un florissant commerce d’arrière-boutique spécialisé dans la vente d’alcool non contrôlé. Est-il nécessaire de rappeler que cet “ assommoir ” vendu sous le manteau était souvent une ignoble et insane mixture ? Les fraudeurs n’étaient pas avares de cet abominable acide vitriolique entrant, pour une bonne part, dans le contenu des bouteilles non marquées et pour cause, de la fleur de lys réglementaire. Mais on pouvait facilement se payer du «bon alcool» et en boire à moindre frais, sans payer de taxe, le plus impunément du monde, en allant l’acheter dans les villages de la campagne placés sous une autre souveraineté que celle du roi de France. Ainsi, avant la fermeture vespérale des Portes de Lille, le dimanche, il était courant de voir de braillardes cohortes s’en revenir des terres d’Empire et plus particulièrement d’Haubourdin, où on lampait sec et vrai, sans payer la taxe française. La parade fut vite trouvée : on mit en place des sergents renifleurs, qui regardaient sous le nez et mettaient à l’amende lorsque l’haleine empestait l’eau de vie.

A chaque siècle son alcootest !

Source : Voix du Nord, Trénard - Dessin : R. Cuvelier



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